Comment ce proviseur brestois envisage la rentrée ce lundi

Publiée le 13 novembre 2020

Confinement et hommage à Samuel Paty : cette rentrée scolaire est inédite. Ronan Walter, directeur du pôle privé de l’Estran qui compte 3 100 élèves, collégiens et lycéens à Brest, se veut optimiste.

Ronan Walter, qu’est-ce que ce nouveau confinement va changer pour l’organisation de vos lycées et collèges (Charles-de-Foucauld, Fénelon) et de vos quatre écoles ?

Pour les 3 100 jeunes qui sont inscrits dans nos établissements, pas grand-chose. La seule nouveauté par rapport à avant les vacances sera une pause méridienne élargie pour éviter les groupes au self ou à la cafétéria. Nous voulons à tout prix éviter un trop grand brassage et étaler les repas par un système de vagues d’élèves ne dépassant pas 60 personnes. Des groupes par classe seront mis en place et les tablées ne changeront pas. C’est une demande de l’ARS (Agence régionale de santé) dans la remontée des cas. Il est probable que nous commencions le service avant 11 h 30 pour le finir un peu avant 13 h 30. Certains emplois du temps seront peut-être un peu rognés en marge. Nous avons jusqu’au 9 novembre pour finaliser ce plan, mais j’espère qu’il sera valide dans sa très grande majorité, dès ce lundi.

Donc, rien ne va changer dans les emplois du temps d’apprentissage ?

Non. Tous les enseignements sont maintenus, avec, sans doute, un renforcement des gestes barrières. Nous continuerons les plateaux techniques de sciences ou de langues. Nous avons déjà adapté nos cours de sport. Ce qui change sera, pour les enfants de primaire, le port du masque. C’est aux familles chez nous de les fournir, même si nous pouvons dépanner en marge, comme nous le faisions déjà au collège-lycée. Les jeunes respectent bien ça. Il ne suffit plus que d’un geste pour leur demander de se couvrir le nez, parfois défaillant. Et puis, nous avons mis du gel hydro-alcoolique à disposition un peu partout. Nous apporterons, en revanche, une attention plus soutenue aux entrées et sorties des élèves.

Dans cette période, comment se comportent vos élèves ? Gardent-ils le moral ?

C’est à nous, dans ce contexte de pression psychologique, sanitaire et sociale, d’apporter de l’ambition et de la volonté. Nous leur proposons des temps forts, sur place ou à distance, qui leur offrent des solutions scolaires et professionnelles ambitieuses. Il faut leur montrer un horizon éclairé, pas un tunnel noir. Ils ont besoin de touches d’optimisme, de projets professionnalisant. Il existe toutefois, notamment dans la filière pro, une petite frange qui décompense sévèrement. Souvent, ils subissent des problèmes économiques, sociaux, familiaux et ils se répercutent sur la sphère scolaire. Nous les aidons au mieux. Parce que, je le répète : si nous, nous ne se sommes pas confiants dans l’avenir, qui le sera ? Nous construisons par briques les citoyens de demain.

Ce lundi sera aussi marqué par l’hommage à Samuel Paty. Comment vous organiserez-vous ?

De 8 h à 9 h, je réunis les enseignants afin que nous déterminions un canevas de textes, de témoignages et de silence pour l’hommage qui aura lieu de 10 h à 11 h 15, dans le périmètre de chaque classe, gestes barrières obligent. Les élèves sont attendus à 9 h. Toutefois, je ne souhaite pas que nous nous arrêtions là et j’ai proposé que chaque cours de la semaine qui suit reprenne ce qui a été dit pour le développer, et nourrir chaque réflexion sur la laïcité et les valeurs de la République. C’est pourquoi je veux aussi relier le triple assassinat le triple assassinat des catholiques de Nice à cet hommage rendu à notre collègue.

Article du Télégramme publié le 2 novembre 2020